Hier soir M6 diffusait une émission de Capital sur l’éducation en France, avec un reportage sur les “petites” écoles de commerce.
Je connaissais le journalisme spectacle de Capital (qui parfois simplifie très bien certains points de l’économie), mais la légèreté de ce reportage sur les écoles de commerce m’a beaucoup surpris.
La ligne directrice du reportage a été une comparaison entre deux clichés. 1. L’école de commerce à Papa (EDC) qui assure l’embauche après la formation uniquement grâce à son réseau. 2. L’école de commerce low cost (ICOGES) qui forme uniquement les étudiants perdus dans leur cursus scolaire.
Pratiquement tous les critères de ce reportage ont été basés sur des éléments matériels (salaire des profs, équipements, coût de la formation…) sans aborder à aucun moment les programmes et l’accompagnement de l’étudiant dans la définition de son projet professionnel. Or c’est là, la vrai valeur ajouté d’une école de commerce par rapport à une autre…
Avec ce reportrage, M6 contribue à la désorientation des étudiants et des parents qui croient de plus en plus, que plus le prix d’une formation est élevé, plus la formation dispensée sera bonne.
Avé à Internet, qui avec ses acteurs spécialisés (Letudiant, Studyrama, Marketing etudiant :)… ) essayent de garder de la transparance et proposent de vrais échanges pour les lycéens / étudiants en mal d’information.
La gratuité, c’est une vue de l’esprit et la mort de la presse écrite - Nicolas Sarkozy - Etats généraux de la presse - Jeudi 2 octobre 2008
Sarko tu te trompe, la presse gratuite (20 minutes, Metro…) a permis de démocratiser l’accès régulier à l’information en supprimant la barrière du prix. Je suis même persuadé qu’elle facilite / facilitera l’acte d’achat de la presse spécialisée par les plus jeunes.
Alors oui la presse payante connait une crise importante, mais à mon sens ceci provient principalement de son manque d’innovation. La presse spécialisée marche bien (dynamisme, et renouvellement des concepts), mais les généralistes plombent les résultats du secteur. Ces mêmes généralistes n’ont pas su anticiper l’arrivée de la gratuité et de l’Internet et crient maintenant à la concurrence de la presse gratuite.
D’ailleurs l’Internet en prend aussi pour son grade : Quand on vend son journal tous les matins et que l’on met la même chose gratuitement sur son site Internet, on peut toujours dire que l’on a augmenté sa capacité de diffusion, mais on se crée sa propre concurrence pour rien - Je sais que des expériences sont en cours pour mettre au point des lecteurs de journaux numériques à mi-chemin entre l’ordinateur et le téléphone portable. Ce papier électronique constitue d’ailleurs un créneau de nouvelles et de vraies recettes pour la presse à la différence d’Internet qui peine, je l’observe, à imposer un modèle payant.
Certes le transfert de l’information papier vers l’Internet n’a pas encore trouver un modèle payant performant (quoi que Le Monde marche bien avec son Desk), mais il existe d’autres moyens de création de valeur ajouté (communauté, interactivité, publicité en ligne, formes d’information, ouverture sur l’international).
La presse US a fait sa mue, alors messieurs les grands patron de la presse FR et cher Président, innovez au lieu de râler !